Bacon à la Tate : une merveille virtuelle
Bacon à la Tate ça donne un nombre incalculable d’articles dans la presse, mais sur Internet c’est quoi ?
Et bien la Tate a développé un drôle de site Internet pour cette grande rétrospective de l’œuvre de Bacon ! Au programme nous avons donc un site en flash qui s’ouvre sur deux gros mots “Start” et “Instructions“…l’accès ne doit donc pas être si facile que ça si ils ont été obligés de mettre les explications en aussi gros ! Bref..approfondissons !
Pour les plus frileux le lien “Instructions” nous mène vers une page très simple et didactique qui bouge un peu pour nous montrer le plus simplement possible comment naviguer sur ce drôle de site.
Mais pour rentrer directement dans cet espace d’exposition virtuel, il suffit de cliquer sur “Start” et de rentrer dans la première salle intitulée “Animal” où un texte explicatif nous accueille et où les œuvres sont zoomables.
Le principe est donc assez simple mais unique pour l’instant : on virtualise les majeurs exposées en salle, on retranscrit le petit texte d’explication, on crée des liens entre les œuvres à travers les salles pour apporter une information scientifique supplémentaire, on laisse l’internaute se balader dans les salles comme il pourrait le faire au musée, on met à disposition de l’internaute des contenus vidéos (interviews du conservateur et archives de la BBC), audios (extraits de l’audioguide) et photos et voilà !
Le résultat est surprenant : un espace virtuel où tous les médias se mêlent en toute fluidité et où il est agréable de revenir sans cesse pour visiter l’exposition d’une manière toujours différente. Il ne manque d’un peu d’interactivité pour que ce projet soit l’un de mes favoris !
A noter qu’une version html existe pour les allergiques au Flash !
Que faire de ses retards technologiques ?
Il y a quelques temps le Baltimore Museum of Art a reçu un soutien financier pour développer tout un programme autour des monuments de Baltimore et leur histoire. Pour ce faire, un petit dépliant associé à un CD est distribué dans le musée afin que, seuls, les visiteurs profitent de cette visite un peu insolite de la ville et de ses monuments.
L’idée est excellente et innovante…si on était en 1998 !
Que faire de tous ces projets qui subissent maintenant des retards technologiques ?
On les garde ou on les range dans la cave en espérant avoir un jour un financement pour proposer le même service mais cette fois ci adapté aux nouvelles technologies et habitudes de consommation ?
Qu’en pensez vous ? Pour ou contre les retards technologiques au musée ?
Tate Tales
Ce que j’apprécie avec la Tate c’est que sur Internet ou dans chacun de ses musées on a vraiment de quoi s’amuser et apprendre, et ce pour tous les âges. Par exemple, à la Tate Britain, les plus jeunes pouvaient découvrir les oeuvres à travers un petit conte illustré des oeuvres majeurs de la collection.
Bien fait, le dépliant ne propose pas seulement un conte illustré mais aussi un espèce de compas sur papier qui nous indique où se diriger en fonction des oeuvres que l’on souhaite découvrir.
Une manière ludique et vraiment distrayante de découvrir les collections, mais surtout de permettre à l’enfant de s’évader à travers les oeuvres et de faire marcher son imagination.
A noter que Tate Tales c’est aussi sur Internet avec la possibilité d’écrire sa propre version de l’histoire et de la partager avec les autres internautes.
Late, l’agenda des nocturnes à Londres
A travers cet article je souhaitais juste vous faire connaître un excellent site Internet, Late, développé par la mairie de Londres qui recense toutes les soirées culturelles et artistiques organisées par les institutions publiques ou non dans la ville. Quoi de mieux donc pour faire valoir les nocturnes de musée et les vernissages publics ?!
Pour ou contre les cartes postales de promotion des services en ligne ?
Nombreux sont les musées qui développent des projets en ligne et se demandent comment les promouvoir dans le musée réel. Mes nombreuses dernières visites aux Etats-Unis, en France ou encore au Royaume-Uni me poussent à dire que la simple carte postale avec un visuel accrocheur et une phrase simple est la solution la plus souvent retenue par les musées…
Voici quelques exemples pour illustrer mes propos bien que certains exemples aient déjà été montrés sur Buzzeum en août dernier.
Carte pour inciter le visiteur à déposer des photos sur le compte Flickr du Smithsonian Americain Art Museum, à lire le blog du musée et à aller apprécier la collection en ligne.
Carte incitant les visiteurs à participer au forum de la Tate.
Carte proposant aux visiteurs de s’inscrire à la newsletter de la Tate.
Qu’en pensez vous ? Est ce un bon moyen d’accrocher le visiteur et de l’inciter à aller sur Internet ? Pensez-vous à d’autres techiques ?
“The one that spoke to me”
De retour de tros jours à Londres la semaine dernière et de trois jours de visite à Liverpool et à Sheffield, je rapporte dans mes bagages beaucoup de petits prospectus ramassés dans de nombreux musées :
A Londres :
Victoria & Albert Museum en nocturne
Tate Modern - conférence To Audioguides to iPhone
Tate Britain
Courtauld Gallery of Art - expostion Cézanne
National Gallery - exposition Love
British Museum
A Liverpool :
Lady Lever Art Gallery - une merveille de province qui mérite l’aller retour Paris/Liverpool à elle seule !
Walker Art Gallery
Tate Liverpool
A Sheffield :
Millenium Gallery - exposition Vivienne Westwood et concert de In The Nursery
Tenez par exemple, cette carte toute simple distribuée à la Tate Liverpool qui nous invite à raconter ce que l’œuvre nous a dit…
Quoi de mieux que de demander aux visiteurs de faire vivre l’oeuvre de la sorte et de partager ensuite avec le musée ses impressions. C’est simple mais excellent je trouve.
Concert de In The Nursery à l’exposition Vivienne Westwood à Sheffield
La semaine dernière je suis partie quelques jours en Angleterre pour visiter Liverpool et ses beaux musées mais aussi et surtout pour assister au concert du groupe In The Nursery à la Millennium Gallery en plein milieu de l’exposition Vivienne Westwood.
Vous aimeriez savoir comment vivre les musées autrement ? Et bien voici un excellent exemple à suivre pour découvrir que les musées ne sont pas que des collections poussiéreuses.
J’avais déjà eu l’occasion d’apprécier l’exposition Vivienne Westwood au Victoria & Albert Museum en 2004, mais depuis elle a fait une belle petite tournée internationale qui s’est achevée à la Millennium Gallery à Sheffield; et cette fois ci je l’ai vécue d’une manière toute différente !
In The Nursery, groupe issu des années 80 qui ne cessent de réinventer les bandes originales de film aussi cultes que le Cabinet du Docteur Caligari, a joué deux titres en plein milieu de l’exposition. Entre les grandes impressions de photographies de Vivienne, les mannequins plus vraies que vraies et ces tenus délurées et colorées, le groupe nous a offert une prestation unique pour un public de grands connaisseurs.
Le résultat fut stupéfiant; une atmosphère familiale et glaciale, bouleversante et enivrante.
Un plaisir pour les yeux et les oreilles offert à un petit nombre; quoi demander de plus ?!
Ce qui me plait tout particulièrement dans ce genre d’initiative c’est l’ouverture d’esprit dont fait preuve le musée qui n’hésite pas à faire venir un groupe en plein milieu de son exposition (bon on est ben d’accord, ceci est possible avec des créations de Vivienne Westwood mais on oublie avec une exposition de tableaux ou autres à cause des contraintes de conservation). C’est aussi la preuve d’un dynamisme fou en termes d’évènementiel autour d’une exposition, ainsi que l’ouverture du musée vers de nouveaux publics.
Discover How It Really Was
Redécouvrir l’histoire de l’évolution à la façon du musée d’histoire naturelle de Stuttgart, voici l’objectif de cette petite campagne d’affichage qui a du en amuser plus d’un.
Share Migration Series
Du 3 mai au 26 octobre 2008, la Phillips Collection (Washington) propose une exposition sur Jacob Lawrence, un peintre afro-américain du XXe siècle. Mais ce qui fait la particularité de cette exposition sur Internet et dans le mondu du numérique c’est tout simplement la possibilité pour les visiteurs qui le désirent de partager leur propre expérience de la Grande Migration des afro-américains de 1910 à 1970 aux Etats-Unis.
Jacob Lawrence raconte son histoire à travers ses peintures, le musée nous propose de raconter la notre à travers un texte à déposer sur le site Internet du musée de chez soit ou à partir d’une borne très didactique et accessible à tous mise à disposition des visiteurs dans les salles d’exposition.
L’initiative est intéressante mais la mise en valeur des contenus déposés par les internautes et visiteurs laisse cependant à désirer étant donné que l’on ne nous propose que la simple consultation sans avoir la possibilité d’intéragir, de créer une communauté autour de ce sujet fédérateur ou encore de créer des liens entre des personnes qui ont connu des histoires similaires.
Rappelons que cette grande migration de plus de 7 millions d’individus était due au racisme, au chômage, etc. Le sujet est donc un peu délicat. Pensez-vous que les visiteurs parleront facilement de tels moments à des inconnus ?!
Visite privée blogueurs : Koons à Versailles
Koons à Versailles c’est un évènement à ne pas manquer dont je vous avais déjà parlé la semaine dernière en faisant ma petite critique du site de l’exposition.
Cette fois ci c’est pour vous raconter un peu la seconde partie de la campagne en ligne de l’exposition-évènement Koons à Versailles : une visite privée de l’exposition pour une trentaine de blogueurs spécialisés dans le marketing, la mode, le design et bien évidemment la culture, et le tout orchestrée par Jean-Jacques Aillagon en personne (ancien ministre de la culture, ancien directeur de Pompidou et maintenant directeur de Versailles).
C’est donc un château des rois vide que l’on nous ouvre à nous petits blogueurs intrigués pour nous présenter tout d’abord un bref historique de Versailles et ensuite l’exposition de Koons avec toujours un clin d’œil à l’histoire de Versailles pour mieux comprendre la raison d’une telle intrusion contemporaine dans un environnement si lourd d’histoire.
Si vous souhaitez lire une petite description de l’exposition en tant que telle, je vous conseille de l’article de Gilles Klein. Quant à moi, je me concentrerai ici sur la description de tout le reste ! Tout d’abord parlons de notre guide, Jean-Jacques Ailagon, enthousiaste à souhaite, passionnant et passionné qui n’a pas hésité à tout donner à ces petits blogueurs qu’il ne connaissait qu’à peine. Des conditions de visite uniques (seuls à Versailles !), une exposition qui a beaucoup fait parlé d’elle et des liens explicites entre les œuvres de Koons, l’histoire de la France et celle de Versailles, et chacune des salles d’exposition. C’est donc conquis et en ayant bien compris l’intérêt d’une telle expérience que l’on ressort de ces deux heures de visite.
L’équipe de Versailles tout comme celle de l’agence Spoka ont été très aimables et même ultra-sociables je trouve, ce qui met tout de suite les invités dans une ambiance presque familiale, entre amis.
Cependant une petite distribution du simple feuillet de présentation de l’exposition ou un extrait du dossier de presse aurait certainement plu à nombres d’entre nous.
Concernant la médiation sur le lieu d’exposition, je trouve qu’elle manque clairement pour ceux qui n’ont pas eu la chance de prendre l’audioguide. En effet, les simples titres des œuvres sans vrais textes d’explication de l’œuvre, de sa relation avec la salle ou d’une présentation de Koons à Versailles auraient été appréciés pour les non habitués à l’art contemporain (soit la majorité du public de Versailles).
Je ne vais pas épiloguer plus longtemps mais ce qui est certain c’est que les blogueurs sont sortis ravis et surpris d’une telle initiative et d’une telle exposition, et que de mon côté, je reste persuadée que le contact réel est bien plus percutant qu’un simple mail ou qu’une campagne de buzz…
Un lieu où communication muséale et marketing des musées sont à l'affiche.



