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Musée Henner : liens entre visiteurs en ligne et visiteurs réels


Buzzeum a mis en place une stratégie de communication au musée national Jean-Jacques Henner depuis novembre 2009. Basée sur l’association d’une stratégie communautaire et événementielle, nous souhaitons ainsi toucher un public jeune de 18-35 ans et donner une autre vision du musée , plus intime. Nombreux sont les personnes, et moi-même, qui se demandent si cela fonctionne, si les visiteurs virtuels viennent bel et bien au musée Henner. Clara Licht, dans le cadre de son mémoire d’étude de première année de deuxième cycle à  l’école du Louvre s’est penchée sur cette question. Son analyse intitulée Visiteurs en ligne, visiteurs in situ au musée national Jean-Jacques Henner, un public homogène ? est basée sur une enquête quantitative visant à  identifier les grandes tendances caractérisant les pratiques de ces deux groupes de visiteurs : « qui sont les visiteurs et passe-ton d’un type de visite à  l’autre ? » (p. 5). Que disent les résultats ?

D’après l’étude de Clara Licht, les visiteurs in situ se caractérisent par une forte présence féminine, âgés de plus de 45 ans et très diplêmées, près de 30% de ces individus sont des connaisseurs voire des spécialistes et un public alsacien ou d’origine alsacienne émerge (p.51). Ces données mènent l’auteur vers l’idée que ce premier type de public est plutêt homogène. Les 18-34 ans représentent quant à  eux 20% des visiteurs in-situ (p.52).

En ce qui ce qui concerne les visiteurs en ligne, l’étude révèle que le public est une fois de plus plutêt féminin mais qu’il se caractérise par une moyenne d’âge inférieure à  45 ans et que les 18-34 ans y sont nombreux, souvent  français, et parisiens (p.52). Clara Licht constate un peu plus loin dans son étude que « les visiteurs en ligne croisent l’utilisation de différentes présences du musée en ligne, ou du moins ne consultent pas qu’une seule plateforme » (p.53). C’est plutêt une bonne nouvelle pour le musée national Jean-Jacques Henner et les autres musées ! Et encore mieux : ce public se rend aussi au musée ! A ce sujet, on peut lire (p.56) :

« Non seulement les visiteurs en ligne se sont pour la plupart déjà  rendus physiquement au musée, mais il semblerait qu’ils soient plus fidèles que le public naturel du musée. […] parmi ceux qui sont déjà  venus au musée, près des deux-tiers sont venus plusieurs fois. In situ en revanche, près de 85% viennent pour la première fois malgré un capital de familiarité muséale globalement fort. Ce constat n’est pas une spécificité du musée Henner […] », puis (p.57) : « Près des deux tiers des visiteurs en ligne qui  se sont rendus au musée déclarent que leur décision de visite à  déjà  été influencée par l’une des présences du musée sur internet (Profil Facebook, blog Henner Intime, site internet) ».

Quelques pages plus loin, on peut aussi lire une observation intéressante :

« Plutêt que de permettre au musée de toucher de nouveaux publics dans le sens d’une démocratisation, cette présence en ligne semble surtout être un bon moyen de faire connaître l’établissement auprès d’un public potentiel ».

Clara Licht explique bien aussi que le musée Henner a bel et bien deux publics distincts : l’un de plus de 45 ans qui visite le musée réel mais ne se rend que très peu en ligne, et un autre de 18-34 ans qui se rend au musée réel tout comme sur les sites en ligne.

« La présence du musée en ligne paraît être un bon moyen de toucher un public jeune, avant comme après la visite, puisque les 18-34 ans ont connu le musée via Internet et que la plupart des visiteurs en ligne de notre échantillon s’est déjà  rendue au musée. »

Clara Licht poursuit en expliquant à  quel point de réelles relations sont construites avec les internautes :

« Internet apparaît comme un outil permettant à  la fois aux visiteurs d’entrer et de rester en contact avec le musée via Internet avant et après leurs visites, essentiellement favorisé Facebook. Ce lien entre visite en ligne et in-situ traduit une réelle fidélisation du public jeune qui revient davantage au musée que le public âgé largement composé de primo-visiteurs »

Clara Licht conclut par le fait qu’il faut bien évidemment beaucoup de temps avant que la stratégie de communication mise en place en ligne fasse son effet sur les visiteurs réels, expliquant le faible pourcentage de jeunes visiteurs réels du musée, même s’ils sont plus fidèles. A savoir aussi que l’étude quantitative n’a pas été soumise au public fréquentant les nocturnes du musée, sachant que la stratégie de Buzzeum allie les communautés aux événements mis en place lors des nocturnes.
La prochaine étape pourrait donc être d’étudier le public des nocturnes par rapport au public en journée et au public en ligne… A suivre donc !

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