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Leonardo sur grand écran


J’ai pu assisté la semaine dernière à  la projection diffusée par satellite en Haute Définition de l’exposition « Leonard de Vinci : un peintre à  la cour de Milan » de la National Gallery : Leonardo Live HD.

Teasé comme une visite exceptionnelle en live, cette projection s’est rapidement avérée être une simple diffusion sur grand écran d’un reportage sur l’exposition. Le titre même de la séance, « Leonardo Live”, est bien trompeur puisque le tournage a eu lieu la veille de l’ouverture de l’exposition (le 9 novembre 2011). Il est vrai que l’on aurait pu croire à  un live à  cause des sous titres trop rapides ou en décalage.

Alors pourquoi avoir décidé de ce titre ? Probablement pour insister sur le caractère événementiel et exceptionnel de la projection (diffusée simultanément dans 40 salles en France et dans 900 salles dans le monde, à  quelques jours d’intervalle). C’est en effet la première fois qu’une exposition est ainsi diffusée (dans le secteur culturel, le Metropolitain Opéra est projeté en live dans les cinéma UGC). Et le choix de l’exposition n’est pas anodin. Léonard de Vinci est une « valeur sure” de l’histoire de l’art: Les billets de l’exposition ont été vendus avant même son ouverture en novembre et la salle de cinéma le soir de la diffusion était comble.

Leonardo Live from Emily Baron on Vimeo.


Le reportage, présenté par un binême composé d’un historien de l’art, Tim Marlow, et de la présentatrice télé, Mariella Frostrup, nous emmène à  la découverte de 10 œuvres phares de l’exposition à  un rythme très soutenu. Mais le contenu est globalement très superficiel, sans analyse pertinente. Les tableaux sont rarement mis au premier plan, le cadreur préférant filmer Marlow et ses invités. La découverte de ces œuvres est scandée par les interventions très peu inspirés de Frostrup et de ses interviews en duplex de personnalités venus parler plus ou moins du sujet. La volonté d’apporter d’une vision plus contemporaine de l’œuvre de Leonard est gâchée par des des propos trop succincts.

Au delà  de ces critiques, le film proposait néanmoins des intermèdes plus pertinents notamment au sujet des coulisses et de la préparation de l’exposition dont la vidéo de présentation donne une idée: l’inspection d’un tableau, les problématiques muséographiques et l’intervention d’un encadreur.

Bien que la diffusion du Metropolitan Opera de New York ait, depuis plusieurs années, fait ses preuves, il est évident que la projection d’une exposition comprend d’autres caractéristiques et enjeux. Lors de la diffusion d’un opéra, aucun commentaire ne vient interrompre la représentation. Dans le cas de la visite proposée par la National Gallery, le commentaire a pris le pas sur l’œuvre provoquant deux « malaises ». Premièrement, le fait que le contenu faisait fortement défaut.

à‰galement, la visite d’une exposition demeure une expérience personnelle : s’approcher des œuvres, les observer un instant, préférer l’une et en oublier une autre… Chacun vit l’exposition à  son rythme, mais évidemment, le format de Leonardo Live empêche de sortir du parcours déterminé. Le visiteur n’est plus, il est remplacé par un spectateur qui ne peut donc interagir.

Bref, la visite dans l’exposition se transforme rapidement en simple documentaire. àŠtre ou ne pas être dans l’exposition ne change pas grand chose à  l’expérience vécue.

A cette occasion, rappelons une expérience menée au MoMA il y a un an et qui avait mis en place la visite en live-streaming d’une exposition.

A lire aussi :
– l’article du New York Times
– l’article du Telegraph
– un extrait de l’article du Télérama

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