Quand les musées s’invitent aux Galeries Lafayette
A partir du 7 juillet et jusqu’au 26 juillet 2009, 8 grandes institutions culturelles et muséales parisiennes s’invitent aux Galeries Lafayette pour promouvoir la culture française auprès des publics étrangers et de cette cible de touristes de la mode..
Public/Privé - Art/Mode - Consumérisme/Beaux-arts - Tourisme de masse/Culture de masse
Tous ces concepts opposés ou complémentaires se retrouveront donc le temps de ce grand projet sur le boulevard Haussmann avec le Centre Pompidou, le CENT QUATRE, le Jeu de Paume, Les Arts Décoratifs, la Maison Rouge, le cinéma MK2, Musée d’art moderne de la ville de Paris et le Palais de Tokyo.
A titre d’exemples, voici un aperçu de trois projets présentés dans les vitrines du Grand Magasin :
- La vitrine des Arts décoratifs permet de poursuivre l’exposition Madeleine Vionnet en dehors du musée.
- La vitrine du Palais de Tokyo sera investie intégralement par l’artsite Vincent Ganivet.
- La vitrine du Jeu de Paume présentera une annexe de son exposition temporaire actuelle “Planète Parr” autour de la série “Luxury”.
Je trouve cependant dommage que les musées et centres d’art contemporain soient si présent (à l’exception des cinémas MK2) et que l’on limite ainsi la culture française aux musées et au cinéma…Nous aurions en effet très bien pu imaginer la présence de l’Opéra de Paris, du Centre National de la Danse ou du Conservatoire…
Grande inauguration publique le 7 juillet de 20h30 à 22h.
Entre Sade et Doré : Max Ernst au musée d’Orsay
Lundi dernier (29 juin 2009) a eu lieu le vernissage de l’exposition Max Ernst au musée d’Orsay…une expérience émotionnelle et intellectuelle assez forte basée sur de “simples” collages..
L’exposition Max Ernst “Une semaine de bonté” - les collages originaux est un lieu où Max Ernst fait sa révolution surréaliste par l’image à travers 184 collages originaux constituant le plus important « roman-collage» de l’artiste.
Sa technique est basée sur la récupération de visuels à travers des journaux, des catalogues ou des romans populaires du XIXe siècle qu’il détourne et compose en univers fantastiques au fil de 7 grands thèmes (7 jours de la semaine). Meurtre, vol, peur, domination, torture, pouvoir, catastrophe naturelle sont autant de sujets poignants que Max Ernst décrit à travers 5 cahiers, qui composeront le roman-collage final.
Vous comprendrez tout de suite beaucoup mieux la technique de Ernst et sa complexité en découvrant des ouvrages originaux dans lesquels l’artiste a su puiser des visuels pour composer ses univers.
Les murs de l’exposition se parent au fil des salles des cinq couleurs des reliures des cinq volumes..Nous passerons donc d’une salle violette à une salle verte, bleue ou jaune canari pour se plonger dans l’univers lié à l’intitulé du cahier et voir les collages autrement.
Quelques images…
Exposition Henri Cartier-Bresson au MAM de Paris
Le musée d’art moderne de la ville de Paris présente une exposition exceptionnelle par son contenu mais aussi par son histoire…
C’est à l’occasion du centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson (1908-2004) que le musée a reconstitué une exposition itinérante qui s’est déplacée de 1975 à 1980 intitulée « Quarante ans de photographie ». Soixante-dix photographies sont donc présentées telles que le public des années 70 a pu les découvrir, à quelques détails près étant donné qu’en 2009, le musée présente ainsi les photographies d’un génie imprimées sur du carton plume aux coins sales ou abîmés.
Fruit direct d’un don de l’artiste au musée en 1975, l’exposition est introduite par un texte de l’artiste intitulé « L’imaginaire d’après nature » et nous propose de découvrir une sélection des «meilleures» oeuvres de Cartier-Bresson, faite par l’artiste lui-même.
HCB nous donne aussi sa vision du quotidien en mettant en valeur ce petit détail qui fera que l’image devient poignante ou passionnante. Mais plusieurs séries et thématiques sont exposées ici telles que les célèbres portraits d’artiste dans leur domicile : Henri Matisse, Pierre Bonnard, Jacques Prévert, Colette, etc. Ou encore le portait d’Alberto Giacometti isolé dans la rue d’Alésia. HCB c’est aussi un reporter de notre histoire qui n’a pas hésité a immortaliser des évènements de l’actualité comme un incendie, un vernissage au Grand-Palais ou un match de football américain.
Cette exposition a aussi un grand intérêt pour les professionnels de la scénographie muséale qui ont ici l’occasion de faire un bond dans le passé et de découvrir comment on réalisait une exposition dans les années 70 : des tirages de 70×90cm, des cartons en aluminium accrochés sans encadrement, sans vitre (donc sans ces sales reflets !), etc.
J’ai tout particulièrement été touchée par une image prise dans un musée de deux enfants de dos en pleine contemplation d’un marbre représentant une femme sortant du bain accroupie, eux même regardé par une vénus qui tente d’attirer leur attention !
Bien évidemment, les portraits d’artistes dans leur domicile ont toujours ce petit côté qui sait assouvir notre plus grande curiosité…
Découvrez le catalogue de l’exposition !
Quelques images du vernissage qui a eu lieu le jeudi 18 juin dernier !
Quand le musée Malraux se lance dans le projet d’exposition collaborative
C’est autour de l’exposition Voyages Pittoresques (exposition en trois volets présentée jusqu’au 16 aout au musée des Beaux-Arts de Rouen, au musée Malraux du Havre et au musée des Beaux-Arts de Caen) que le musée Malraux s’est lancé dans projet collaboratif en ligne basé sur l’appel à contribution photographique autour de la Normandie. Un blog a donc été crée (dommage de n’avoir pas exploité la communautés et les outils Flickr) proposant aux internautes de déposer leur création et de les soumettre aux votes de la communauté afin d’avoir la chance de voir son image exposée à la rentrée au sein du musée.
Ce blog est aussi l’occasion de faire un point historique des lieux connus de la région à travers des descriptifs, assimilant ainsi ce support à un site dédié de l’exposition.
On notera aussi que le musée a participé à sa manière à ce projet en ligne en déposant des images anciennes de la Normandie, œuvres présentées actuellement à l’exposition.
La Tate sur Flickr fonctionne toujours aussi bien
La Tate a pris l’habitude de mettre en place des espaces ouverts à la contribution des internautes suivant le thème de l’exposition ou un concours. Cette fois ci c’est autour des photographies monochromes pour l’exposition qui a lieu à la Tate Liverpool, Colour Chart, que la Tate a ouvert un nouvel espace sur Flickr. Après 15 jours seulement de lancement, le groupe possède déjà près de 500 membres et près de 300 photos…
Comme quoi Flickr est une communauté vraiment présente, soudée et active qui ne cessent de promouvoir l’actualité artistique par l’image !
Voir la page Flickr.
Voir le site de l’exposition.
Cité internationale de la dentelle et de la mode de Calais en ligne
L’ouverture de la Cité internationale de la dentelle et de la mode de Calais était annoncée en 2008, mais c’est jeudi dernier, le 11 juin 2009 qu’elle a eu lieu..Au programme, des journées portes ouvertes, des défilés, des discours, mais aussi un nouveau site internet en ligne !
On soulignera la mise en valeur des actualités avec des espaces A la Une et Actualités qui se présentent comme une plateforme de blog, avec des articles rangés anti-chronologiquement.
A noter, un module de réservation en ligne (sous réserve des disponibilités), un plan d’accès sous gMaps, un module de demande de rendez-vous à destination des enseignants pour préparer leur visite.
On déplorera cependant le manque de contenu en ligne pour le jour du lancement..
Agence Insite.
elles@centrepompidou, le site internet
Une exposition féminine, un titre d’exposition numérique, un site internet dédié interactif…Voila le programme en ligne et dans le musée que nous propose actuellement le Centre Pompidou. Je ne vous parlerais pas aujourd’hui de l’exposition en tant que telle étant donné que je n’ai pas encore trouvé le temps de m’y rendre, mais plutôt du site internet qui lui est dédiée.
Fruit d’une étroite collaboration entre le Centre Pompidou et l’INA, ce site d’exposition se veut avant tout centre d’archives et d’informations autour de l’exposition. Les documents en ligne sont tellement riches et nombreux que l’on se demande même si cela vaut le coup d’aller voir l’exposition..J’exagère, rien ne remplacera jamais une bonne visite !
Quoi qu’il en soit, ce site est une vraie petite merveille pour les passionnés, amateurs ou historiens d’art tellement il est riche en images, informations textes et vidéos. Vous pourrez ainsi parcourir l’exposition en ligne avec des supports de visite très complets et poussés, mais aussi et surtout des images et vidéos illustrant chaque salle de l’exposition et pièces exposées.
Découvrez ainsi les oeuvres exposées à travers le plan interactif organisé par salles, thèmes, portraits vidéos, les vidéos riches en contenus textes associés, ou encore la fresque des oeuvres classées chronologiquement.
Découvrez aussi l’exposition à travers le blog où l’actualité autour de l’exposition ne cesse d’être commentées mais aussi et surtout des discussions ouvertes sur d’autres artistes femmes avec, à l’appui, des vidéos inédites mises à disposition par l’INA.
Lien vers le site de l’exposition elles@centrepompidou.
Spy Numbers et bluetooth au Palais de Tokyo
Hier avait lieu le vernissage de la nouvelle exposition du Palais de Tokyo intitulée Spy Numbers...Assez peu tactile, visuelle et basée principalement sur l’invisible et la contextualisation par l’imaginaire, cette exposition repose sur l’existence de ces suites infinies de nombres qui passent à tue tête sur les ondes des radios depuis les années 50..
Quelques images de l’exposition pour les plus curieux..
Cette exposition était aussi l’occasion de (re)découvrir pour moi le dispositif Bluetooth mis en place depuis la dernière exposition temporaire et nouvellement intitulé MyARtCELl…
Disponible en français et en anglais, ce dispositif propose aux visiteurs de recevoir un premier contenu introductif avant d’entrer dans l’exposition et ainsi d’accepter de recevoir des contenus tout au long de leur visite. Pour Spy Numbers, les visiteurs auront droit à une vidéo de présentation de l’exposition, bien évidemment des commentaires audio des œuvres mais aussi une vidéo du montage de l’exposition, un extrait d’une de ces fameuses radios pirates, des échantillons de l’œuvre sonore présentée au sein du Palais de Tokyo et pour finir un court film de 1906…
Respectant ainsi bel et bien son rôle d’audioguide multimédia apportant de nouveaux contenus riches et exclusifs, MyARtCELl vaut bien le détour !
Un projet mis en place par FaberNovel avec le Palais de Tokyo.
Juliette Récamier est vivante…
…sur Facebook !
L’ouverture des comptes “fans” à tous, de nombreuses personnalités historiques faisant la célébrité des musées et des expositions sont devenues “vivante” grâce à Facebook.
Vous pourrez ainsi parler directement à Juliette Récamier et lui dire à quel point vous adorez ses petits chaussons violets..
Inspirés directement des blogs de personnalités fictives ou encore des livres de fiction, ces nouvelles pages “fans” mettent en scène ces grands personnages historiques qui fascinent le monde depuis des années ou des siècles..Devenez aussi l’ami de Napoléon Bonaparte, Albert Kahn et bien d’autres.., découvrez les amis que vous avez en commun, son compagnon de vie, ses habitudes du quotidien, ses humeurs ou encore les photos de ses soirées..
La page consacrée à Juliette Récamier autour de l’exposition qui lui est consacrée au musée des Beaux-Arts de Lyon est particulièrement intéressante étant donné qu’elle a été construite pour que la fiction soit totale et que les internautes aient la réelle impression de pouvoir communiquer avec l’impératrice et suivre les péripéties de ses journées..
Ainsi, on découvre que Juliette est harcelée par un certain Lucien Bonaparte, qu’elle se préoccupe de son carnet d’adresses et devient bonne amie avec Madame de Staël.. et le tout avec vidéos commentées à l’appui ! Un bon discours au second degré et une belle nouvelle manière d’apporter des connaissances aux internautes.
Entre déclaration d’amour, discussion on ne peut plus réelle entre les internautes et Juliette Récamier, la fiction est totale.. Mais jusqu’à quel point ? N’est ce pas inciter au passéisme et à la schizophrénie que d’alimenter de telles vies fictives ? On connait déjà les répercutions des pseudos et des avatars sur la vie de milliers de gens qui n’existaient plus qu’en ligne..mais si maintenant ils peuvent entretenir des relations de complicité avec des personnages historiques disparus, n’allons nous pas vers un stade supérieur du complexe de la vie virtuelle ?
Dans tous les cas, l’initiative est très bien menée par l’équipe du musée et la fiction est totale..Bravo le musée des Beaux-Arts de Lyon !
Exposition Trésors des icônes bulgares au château de Vincennes
Pour continuer sur ma petite virée à Vincennes jeudi dernier, voici quelques informations et images de l’exposition en cours au château de Vincennes et jusqu’au 30 août : Trésors des icônes bulgares.
Les habitués de Buzzeum auront vite compris que je ne suis pas tellement passionnée par l’art iconographique, je vous parlerais dons seulement de cette scénographie qui a su attirer mon attention..
Organisée autour de structures en bois oscillants entre le chalet et la chapelle orthodoxe, cette exposition se présente d’une manière chronologique, chaque maison correspondant à une période. C’est donc en pénétrant dans ces galeries sombres où des rideaux de fils noirs nous accueillent que les icônes retrouvent leurs conditions d’exposition d’avant.
Un lieu où communication muséale et marketing des musées sont à l'affiche.



